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Une enfance heureuse (Jean-Michel AUBEVERT)

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Rien n'est transparent comme la brume au voyant : les fées, les croix, ce que l'on croit, qu'on devine en gésine, s'y voit. Poète, c'est dit, tirant à chacun le chapeau de sa tête ou sa tête du chapeau, promis des légendes dans la provende des lavandes, thyrse au risque de la brande. Simples et joyeux, nous nagions dans le bonheur sous l'éclat des regards, créatures de peau répandues au miroir, nénuphars au plateau d'argent, affleurant au poumon de l'étang, jouant sur du velours dans le blanc de l'amour.

Nous étions la nuit constellée cillée d'œillades, mitaine croquée au loup, quand le jour se fait sous les paupières, la traîne laiteuse que la nuit blanche givre dans l'herbe, témoins de la voie lactée au paraphe d'un tétin. Des tours et des magies pour qu'un sourire respire, pour que se cheville une aile, que les soupirs s'étirent de longue haleine à des ports de reine.

On disait qu'à Tombelaine, île des morts, les sirènes fendaient les vagues à l'appel des noyés, qu'enroulés dans leurs cheveux, elles en bordaient les yeux comme d'un amoureux. La mer a des habits de lumière dans l'arène éblouie, et des coquilles de noix qu'elle écale. Elle est dans l'âme troublée, comme l'appel d'une femme, le tropisme des abîmes, l'horizon où se referme le cercle.

Et nous étions poissons à des accents de lune, bercés à l'infini des marées, investis d'autant de sillages que nous pouvions en rêver le rivage. Nous battions le pavé des vagues; nous y prenions le pli des nues. Le ciel se pommelait à des trains de vapeurs.


Titre : Une enfance heureuse
Auteur : Jean-Michel AUBEVERT
Préface : Claude DONNAY
Illustrations : Michel VAN Den BOGAERDE

Format : 20 /14 cm
101 pages

Prix TTC : 20 €
ISBN : 978-2-930498-74-4


L'enfant poète – le poète enfant – vit dans un monde d'avant le monde, d'avant les désillusions, d'avant les meurtrissures inévitables, un temps de « chair », un temps qui ne fait que s'écouler. Ainsi « Sans doute n'aimais-je rien tant que le temps qui s'écoulait, le vent qui dans mes cheveux me renouvelait la promesse des instants, la grâce d'un moment où le monde nous fait vibrer de son onde, matière dont l'être nous remplit, lumière à notre esprit ».
L'enfant était heureux, vivant, ne connaissant du réel que ce qu'il percevait de ses propres yeux, en quête pourtant d'étoiles comme l'homme de la Mancha projette le « pari de l'étoile ».   Et pour vivre, la poésie, tout autant que la peinture, donne accès à un réel plus lumineux – différent selon qui le perçoit – à défaut, comme les hirondelles, de pouvoir ressentir « la légèreté de vivre ».
Il y a du Kundera de « L'Insoutenable légèreté de l'être » dans le poète enfant Aubevert, qui évolue dans cette époque bénie où le pays nageait dans la prospérité et dans la liberté… , liberté toute relative, car « penser de travers » n'avait guère droit de cité sous l'égide de L’Église et de ses croyants zélés.  Et le poète aujourd'hui, en mémoire de l' enfant heureux  mais aussi coquille de noix sans foi ni loi, se doit de croire en la vie en cette époque de retour des confessions , mais aussi de croire encore à cet enfant dont les yeux se dessillent.

Aubevert le poète livre ici un livre magique, solaire, où la poésie partout présente se met au service du temps, du monde, du sens profond de la vie. 

           Extrait de la préface de Claude Donnay
 






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